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DMP mal alimenté : le risque caché qui pèse sur l'analyse pharmaceutique

Un rapport IGAS-IGF pointe l'insuffisante alimentation du dossier médical partagé par les médecins. Un enjeu direct pour la qualité et la sécurité de la dispensation en officine.

Pharwiz 3 septembre 2026 3 min de lecture

L'erreur fréquente : dispenser sans vue d'ensemble

Un nouveau rapport de l'Inspection générale des Affaires sociales et de l'Inspection générale des Finances remet le dossier médical partagé (DMP) sous les projecteurs. Le constat est net : généralistes comme spécialistes n'alimentent toujours pas suffisamment le DMP. Deux pistes sont envisagées pour les contraindre, dont des sanctions financières.

Pour l'officine, le problème est concret. Quand le DMP est vide ou incomplet, l'analyse pharmaceutique se fait à l'aveugle. Le pharmacien ne dispose ni de l'historique de traitement complet, ni des résultats biologiques, ni des pathologies associées. Autrement dit, il valide une ordonnance avec une partie seulement du dossier.

Les conséquences mesurées pour la pratique

Un DMP bien renseigné, c'est un peu comme le tableau de bord complet d'une voiture : sans lui, on conduit en devinant. Les impacts d'un dossier lacunaire sont réels :

  • Interactions médicamenteuses non détectées entre prescripteurs différents.
  • Redondances thérapeutiques invisibles quand chaque médecin ignore ce que prescrit l'autre.
  • Contre-indications manquées faute d'accès aux antécédents et aux résultats d'analyses.
  • Analyse pharmaceutique appauvrie, alors même que c'est le cœur de la valeur ajoutée du métier.
  • Le pharmacien reste responsable de la dispensation, mais il travaille avec une information dégradée qui ne dépend pas de lui.

    La correction, pas à pas

    En attendant une éventuelle obligation légale pour les médecins, plusieurs réflexes permettent de sécuriser la dispensation :

  • Consulter systématiquement le DMP quand il existe, avant toute analyse d'ordonnance complexe ou de polymédication.
  • Alimenter la partie officinale : le pharmacien peut contribuer au dossier en y versant les dispensations, ce qui enrichit la vue partagée.
  • Interroger le patient pour reconstituer l'historique manquant : autres prescripteurs, traitements en cours, allergies.
  • Tracer les interventions pharmaceutiques en cas de doute, notamment lors d'appels au prescripteur.
  • La vérification

    Pour mesurer l'ampleur du travail à l'échelle de l'officine, quelques indicateurs suffisent :

    IndicateurQuestion à se poser
    Taux de consultationLe DMP est-il ouvert pour les dossiers à risque ?
    Contribution officinaleLes dispensations sont-elles versées au dossier ?
    TraçabilitéLes interventions pharmaceutiques sont-elles notées ?

    Un suivi régulier de ces points transforme une contrainte administrative en levier de qualité. La perspective de sanctions pour les médecins pourrait à terme densifier les DMP, mais l'officine a tout intérêt à ne pas attendre pour structurer sa pratique. Un dossier mieux renseigné, c'est une dispensation plus sûre et une valeur ajoutée renforcée.

    Repenser son organisation autour de ces données partagées est un chantier de rentrée à ne pas négliger.

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