L'erreur fréquente : dispenser sans vue d'ensemble
Un nouveau rapport de l'Inspection générale des Affaires sociales et de l'Inspection générale des Finances remet le dossier médical partagé (DMP) sous les projecteurs. Le constat est net : généralistes comme spécialistes n'alimentent toujours pas suffisamment le DMP. Deux pistes sont envisagées pour les contraindre, dont des sanctions financières.
Pour l'officine, le problème est concret. Quand le DMP est vide ou incomplet, l'analyse pharmaceutique se fait à l'aveugle. Le pharmacien ne dispose ni de l'historique de traitement complet, ni des résultats biologiques, ni des pathologies associées. Autrement dit, il valide une ordonnance avec une partie seulement du dossier.
Les conséquences mesurées pour la pratique
Un DMP bien renseigné, c'est un peu comme le tableau de bord complet d'une voiture : sans lui, on conduit en devinant. Les impacts d'un dossier lacunaire sont réels :
Le pharmacien reste responsable de la dispensation, mais il travaille avec une information dégradée qui ne dépend pas de lui.
La correction, pas à pas
En attendant une éventuelle obligation légale pour les médecins, plusieurs réflexes permettent de sécuriser la dispensation :
La vérification
Pour mesurer l'ampleur du travail à l'échelle de l'officine, quelques indicateurs suffisent :
| Indicateur | Question à se poser |
|---|---|
| Taux de consultation | Le DMP est-il ouvert pour les dossiers à risque ? |
| Contribution officinale | Les dispensations sont-elles versées au dossier ? |
| Traçabilité | Les interventions pharmaceutiques sont-elles notées ? |
Un suivi régulier de ces points transforme une contrainte administrative en levier de qualité. La perspective de sanctions pour les médecins pourrait à terme densifier les DMP, mais l'officine a tout intérêt à ne pas attendre pour structurer sa pratique. Un dossier mieux renseigné, c'est une dispensation plus sûre et une valeur ajoutée renforcée.
Repenser son organisation autour de ces données partagées est un chantier de rentrée à ne pas négliger.
Sources
- Le Quotidien du PharmacienAlimentation du DMP : les médecins de nouveau épinglés