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Rupture de Kaleorid : les 4 erreurs qui coûtent cher à l'officine face aux tensions d'approvisionnement

La rupture de Kaleorid LP illustre un mal chronique : mal gérées, les tensions d'approvisionnement génèrent perte de marge, dépannages non rentables et surstock. Analyse des erreurs les plus fréquentes.

Pharwiz 12 septembre 2026 3 min de lecture

Le problème : chaque rupture coûte de l'argent, pas seulement du temps

Depuis le 21 août 2026, Kaleorid LP 600 mg et 1000 mg est en rupture de stock. Une nouvelle ligne s'ajoute à une liste déjà longue : Tofranil 10 mg en tension depuis 2022, Néosynéphrine collyre depuis octobre 2025. En 2024, plus de 5 000 signalements de ruptures ou tensions ont été enregistrés en France, un chiffre multiplié par plus de trois en cinq ans.

Le réflexe habituel consiste à traiter chaque rupture au comptoir, dans l'urgence, patient par patient. C'est précisément là que la rentabilité s'érode. Une tension mal anticipée génère des achats de dépannage à prix fort, des ruptures de marge et parfois du surstock une fois l'approvisionnement rétabli.

Analyse : les 4 erreurs les plus fréquentes

Erreur 1 : découvrir la rupture à la présentation de l'ordonnance. Conséquence : temps comptoir doublé, patient renvoyé, image dégradée. Correction : croiser régulièrement les listes ANSM avec les molécules à forte rotation de l'officine pour identifier les patients concernés en amont.

Erreur 2 : sur-commander par précaution au retour du produit. Un surstock de sécurité mal calibré immobilise de la trésorerie et augmente le risque de péremption. Sur une officine moyenne, les pertes liées aux périmés représentent souvent entre 3 000 et 8 000 euros par an, un montant qui gonfle après chaque vague de rupture.

Erreur 3 : ignorer l'impact sur les paliers grossistes. Une molécule en rupture reportée sur un autre fournisseur peut faire manquer un palier de bonus déjà bien avancé. Chaque palier raté représente plusieurs centaines d'euros de remise non perçue.

Erreur 4 : ne pas tracer les substitutions et alternatives. Sans suivi, les équipes réexpliquent la même alternative à chaque nouveau patient, sans cohérence de délivrance ni de marge.

Solutions et plan d'action

Réflexe subiRéflexe piloté
Découvrir la rupture au comptoirAnticiper via les alertes ANSM
Sur-commander au retourCalibrer selon la rotation réelle
Reporter sur un autre grossisteVérifier l'impact sur les paliers

Étapes concrètes :

  • Identifier les molécules à risque à forte rotation dans le fichier produits.
  • Préparer une liste d'alternatives validée par l'équipe pour le chlorure de potassium et les autres références sensibles.
  • Surveiller l'effet des reports de commande sur l'avancement des paliers en cours.
  • Contrôler les dates de péremption des stocks reconstitués après chaque retour à la normale.
  • Les tensions d'approvisionnement ne disparaîtront pas. Les officines qui les pilotent avec des outils d'aide à la décision transforment une contrainte subie en gestion maîtrisée. Il est temps de structurer cette veille avant que les prochaines ordonnances n'arrivent.

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